J'étais au coin de la rue ce matin, en attendant l'autobus. Il y a un homme, je dirais dans la quarantaine, qui attend l'autobus à tout les matins avec moi. Je ne lui ai jamais parlé, à peine fait un signe de bonjour avec la tête une fois. Pourtant, on se voit tous les jours. J'en suis venue à me demander, pourquoi est-ce qu'aucun de nous n'entâmes une conversation? Et je me suis souvenue.
« Ne parles pas aux étrangers. »
Qui ne s'est jamais fait dire cela? Nous vivons dans une société de peur. Et malheureusement, ce qu'on en voit à la télé ou dans les journaux ne nous convainc pas du contraire. Des aiguilles dissimulées dans des bonbons d'halloween, des hommes en voitures qui essaient d'enlever des enfants à la sorties des écoles, des maniaques qui kidnappent des petites filles dans leurs maison et qui les abusent sexuellement avant de les relâcher, des tueurs fous qui entrent dans les collèges pour tuer le plus de gens possible avant de se suicider, des hommes qui découpent des femmes et les dissimulent dans une poche de hockey et j'en passe… rien de très rassurant.
Alors pourquoi est-ce que je voudrais parler à cet homme? Qu'est-ce que j'en ai à faire de ce qu'il fait dans la vie, du nom de sa femme et du nombre de ses enfants? Nous avons déjà assez de mal à faire confiance ne serait-ce qu'à nos amis…
Dommage, avant ce n'était pas comme ça.. Les gens avaient moins peur et pouvaient compter les uns sur les autres. Le boucher nous vendait toujours de la viande fraîche, elle ne provenait pas d'une ferme à vingt heures de camion de notre village, nous savions même exactement de quelle vache elle venait. Nous élevions nous même nos poulet, nous savions donc que notre viande blanche n'avait pas été élevée dans une minuscule cage et n'avait pas été nourrie par des tuyaux. Il n'y avait ni OGM dans nos légumes, ni eau de javel dans notre pain blanc. Il n'y avait aucun problème d'obésité, les gens jouaient dehors.
Aujourd'hui je suis en colère contre notre société. Je voudrais vivre dans une ferme quelque part avec mon amoureux, sans avoir à travailler pour une putain de multinationale pleine de frais chier hautains. Je m'en fiche royalement des compagnies de l'Ontario qui se pavanent avec des Lamborghini à longueur d'année. Je voudrais avoir uniquement mon petit monde à moi à m'occuper. Rester dans mon coin, rendre heureux mon amoureux, m'occuper de mon chien à temps plein. Je ne suis pas une femme de carrière.
Ce qui m'intéresse c'est le bien être des gens qui m'entourent, et le mien. Le travail, lorsque c'est uniquement pour subvenir à ses besoins, c'est la pire chose qui existe, c'est la pire chose qui me soit arrivée. Un jour je vais travailler pour rendre service à mon prochain, cela sera mon petit pas pour aider une société qui est beaucoup trop dure aujourd'hui. Une société où ce qui importe, ce sont les biens matériels.
Avez-vous remarqué qu'aujourd'hui les gens ont de plus en plus de biens matériels, mais sont de plus en plus malheureux? La dépression est maintenant une excuse pour les gens, ce n'est plus une maladie comme cela devrait l'être, mais un état d'esprit pour plusieurs. C'est décevant. Je suis déçue et dégoûtée.